Claude Chapdelaine : 20 ans d’engagement philanthropique pour la relève
16 avril 2026
L’année 2026 marque le 20ᵉ anniversaire de la création de la bourse Rita-et-Jean-Chapdelaine à l’École supérieure d’études internationales (ESEI). C’est en 2006 que Mme Claude Chapdelaine, fille de Rita et Jean Chapdelaine, posait ce tout premier geste philanthropique. Par cette initiative, elle souhaitait tourner le regard vers l’avenir et encourager les jeunes à s’engager sur les traces de ses parents, guidés par les valeurs qui ont marqué leur parcours.
Son père, Jean Chapdelaine, a été le premier délégué général du Québec à Paris. Il a également occupé les fonctions d’ambassadeur du Canada, en Suède, en Finlande, au Brésil, au Soudan et en Égypte. Par sa carrière illustre, il a jeté les bases de la diplomatie québécoise. Sa mère, Rita Chapdelaine, a secondé son père toute sa vie et a organisé le quotidien et le rayonnement social de la famille tout au long de la longue carrière de son époux. « Ils étaient un couple inséparable et je souhaitais les honorer par ce geste personnel », expliquait Mme Chapdelaine lors de la création de la bourse, en 2006.
Rencontrée à son charmant domicile d’Ottawa, Mme Chapdelaine dégage une profonde humanité et une grande bienveillance. Forte d’une carrière de plus de 40 ans en ressources humaines au sein du gouvernement fédéral, elle a eu l’occasion de parcourir le monde à de nombreuses reprises. Active, engagée et dotée d’un sens aigu du détail, elle incarne pleinement l’ouverture d’esprit que nourrissent les expériences à l’international.

Le Soleil, Cahier Université Laval, page D-7, le 18 février 2006
Votre parcours et celui de vos parents sont inspirants. Quelle est la place de la philanthropie dans votre vie?
Pour Mme Chapdelaine, la philanthropie s’inscrit naturellement dans le prolongement de son parcours personnel et familial. La mise sur pied de la bourse Rita-et-Jean-Chapdelaine, qui a permis aux étudiantes et étudiants de réaliser un stage de fin d’études à l’étranger, a d’ailleurs façonné une trajectoire philanthropique aujourd’hui reconnue par son étendue et sa constance.
Axée principalement sur l’éducation et la santé, sa philanthropie vise à soutenir celles qui en ont le plus besoin : les femmes. Elle appuie notamment des bourses d’études destinées à favoriser leur progression professionnelle, soutient des établissements de santé à Ottawa, comme l’Hôpital Montfort, la Fondation Perley Rideau et la Fondation Bruyère et finance des projets concrets allant de la formation en soins infirmiers aux soins palliatifs. Fidèle à ses convictions, elle contribue également à son alma mater, l’Université Queen’s à Kingston, en Ontario, en appuyant un centre dédié aux femmes reprenant des études, conciliant parcours académique, maternité et responsabilités familiales.
Cette aventure philanthropique a également profondément marqué Mme Chapdelaine sur le plan personnel. « Mes implications philanthropiques me gardent en forme, tant physiquement que mentalement et j’y prends un immense plaisir », confie celle qui s'implique activement dans les différents stades de réalisation des projets qu’elle soutient généreusement.
Pourquoi offrir cette occasion à la relève depuis 2006?
Mme Chapdelaine l’explique avec simplicité, en faisant des liens avec l’actualité internationale qu’elle suit toujours avec intérêt. Elle mentionne que dans le contexte des crises mondiales actuelles, la diplomatie et les relations internationales demeurent des leviers d’espoir : « c’est le dialogue qui permet d’avancer », souligne-t-elle. Elle demeure convaincue qu’offrir aux jeunes une expérience qui les sort des sentiers battus, c’est leur donner des compétences nécessaires dans leur carrière professionnelle.
Une vision dont les effets se mesurent aujourd’hui sur le terrain. La plupart des boursières et boursiers qu’elle a soutenus occupent maintenant des postes au sein du service extérieur canadien, d’organisations internationales ou d’entreprises privées actives à l’échelle mondiale. Mme Chapdelaine se dit d’ailleurs émue par la multiplicité des chemins parcourus par les personnes boursières : « Ça me fait chaud au cœur. C’est remarquable et cela démontre à quel point cette bourse a eu un impact réel. »
Quels sont les changements que vous apportez à votre bourse pour marquer le 20e anniversaire?
C’est dans cette même volonté d’amplifier cet impact que s’inscrit la décision de Mme Chapdelaine de faire évoluer la bourse. À l’occasion du 20ᵉ anniversaire, deux bourses de 12 500 $ seront attribuées : l’une à une personne étudiante effectuant un stage à l’international auprès d’un gouvernement, d’une instance gouvernementale ou d’une organisation internationale et l’autre à une personne étudiante effectuant un stage au Canada auprès du gouvernement fédéral, d’un gouvernement provincial ou d’une organisation internationale. Dans un contexte marqué par l’inflation et la hausse du coût de la vie, des bourses plus généreuses permettent d’offrir un plus grand soutien aux étudiantes et étudiants, souligne-t-elle.
Quel message aimeriez-vous adresser aux personnes qui souhaitent poser un geste philanthropique semblable au vôtre ?
Mme Chapdelaine répond sans hésiter : la philanthropie est avant tout une démarche de réflexion et d’ouverture. Si elle a un impact réel sur celles et ceux qui en bénéficient, elle apporte aussi beaucoup à la personne qui donne. Elle invite à choisir des causes porteuses de sens, à définir un champ d’action clair et à s’y engager avec cohérence, car un engagement ciblé permet un impact plus durable.
Alors que les étudiantes et étudiants de l’ESEI peuvent soumettre leur candidature pour la bourse jusqu’au 1er mai 2026, Mme Chapdelaine souhaite adresser un message simple à toutes les personnes qui ont envie de s’embarquer dans une aventure philanthropique « Ce que l’on reçoit dans la vie, il faut aussi savoir le redonner. » Par son engagement, elle espère encourager d’autres personnes à suivre son exemple et à investir dans l’éducation et la formation de la relève.