Grand succès pour l’École d’été sur les conflits et la Francophonie

1 juin 2026

L'École d'été sur les conflits et la Francophonie, organisée conjointement par la Chaire de leadership en enseignement Roméo Dallaire sur les conflits civils et la paix durable (CLERD) et l’École supérieure d’études internationales (ESEI), s’est déroulée la semaine dernière avec succès. Soutenue financièrement par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), cette édition 2026 a réuni environ 35 participantes et participants ainsi que 13 professeures et professeurs issus de divers horizons académiques et professionnels. L’événement s’inscrit dans un solide réseau de partenaires francophones, notamment Sciences Po Bordeaux, l’Université de Bordeaux, l’Université catholique de Louvain (UCLouvain) et Sciences Po Grenoble.

Une programmation riche, ancrée dans les enjeux contemporains

La semaine a été structurée autour d’une programmation qui a mis en lumière plusieurs conflits contemporains majeurs touchant l’espace francophone et au-delà, en croisant perspectives académiques et pratiques. 

En matinée, des professeures, professeurs et experts ont abordé de grands enjeux transversaux des études sur les conflits et les interventions internationales, notamment les obstacles aux négociations de paix (Alexandre Pelletier), les interventions internationales (Jonathan Paquin), les guerres par procuration (Arthur Silve), la médiation dans les conflits armés (Gilles Bertrand) et les conflits en droit international (Anne-Marie Tournepiche).

Les après-midis ont permis de mettre ces outils d’analyse à l’épreuve de cas concrets, en s’attardant à des contextes tels que le Liban, le Sahel, le Lac Tchad, la République démocratique du Congo et Haïti. 

Des conférences marquantes sur des conflits clés

Plusieurs interventions ont marqué les participantes et participants, notamment celles consacrées à Haïti, portées par Gilles Rivard, ancien ambassadeur du Canada, et Pierre Saint-Cyr, ancien chef d’état-major de la MINUSTAH. Leurs analyses ont permis de mieux comprendre les dynamiques internes du pays et les défis liés aux interventions internationales.

La conférence d’Éléna Aoun sur le Liban a également retenu l’attention en mettant en évidence la multiplicité des acteurs impliqués dans le conflit, en préparation à la simulation de négociation de fin de semaine.

D’autres présentations, notamment sur la Syrie, la République démocratique du Congo et le Sahel, ont contribué à rendre accessibles des contextes particulièrement complexes, tout en mettant en lumière leurs principales dynamiques politiques et sécuritaires.

Une expérience pédagogique immersive et participative

L’école a réuni des profils variés : étudiantes et étudiants de différents programmes, membres des Forces armées canadiennes, représentantes et représentants du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, ainsi que des personnes issues des domaines des droits de la personne, de la diplomatie et de l’ingénierie.

L’un des principaux atouts de la formation demeure la proximité entre le corps enseignant et les participantes et participants, favorisant des échanges informels riches tout au long de la semaine.

Par ailleurs, les participantes et participants ont eu l’occasion de visiter la Citadelle de Québec, activité suivie d’un cocktail, favorisant les échanges dans un cadre convivial.

Une simulation de négociation au cœur de l’apprentissage

Comme chaque année, la simulation de négociation a constitué un moment fort de la formation. L’édition 2026 proposait un exercice inspiré de l’actualité internationale : un processus de paix au Liban impliquant les principaux acteurs du conflit. Les discussions ont été particulièrement animées et, malgré certaines avancées, les participantes et participants ne sont parvenus qu’à une entente partielle. Ce résultat illustre concrètement les obstacles inhérents aux négociations de paix, notamment les divergences d’intérêts, la méfiance et la difficulté de construire des compromis durables.

La Francophonie au cœur des dynamiques de coopération

Cette édition, consacrée plus spécifiquement aux liens entre conflits et Francophonie, a mis en lumière le rôle central de l’espace francophone comme vecteur de dialogue, de résilience et de coopération internationale. L’intervention de Zara Kamil, représentante de la Représentation de l’Organisation internationale de la Francophonie pour les Amériques (REPAM), a notamment souligné l’importance de la Francophonie dans la prévention des conflits et le développement d’expertises partagées.

Contribuer au débat public

Au-delà de la formation académique, l’École d’été vise à encourager l’engagement citoyen et le transfert des connaissances. Dans ce cadre, les participantes et participants sont invités à rédiger de courts textes de vulgarisation portant sur les conflits contemporains et les enjeux liés aux droits de la personne.

Cette approche leur permet de développer leur capacité à communiquer des enjeux complexes à un public non spécialisé, tout en contribuant activement au débat public sur des questions d’actualité internationale.